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Eleftherios Venizélos |
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Son action politique débute en 1896, en Crète, son île natale, où il prend part à l'insurrection contre les Turcs. A la faveur du coup d’Etat militaire, à Athènes, en 1909, le roi Alexandre Ier, lui offre le poste de Premier ministre du nouveau gouvernement. Partisan de la Grande idée, il s’efforce de mettre en œuvre ses conceptions panhelléniques et il engage le pays dans une série de réformes constitutionnelles, financières et militaires. La France tient une place importante dans l’effort de modernisation de l’armée et de la marine nationale. Un soutien financier est accordé à Venizélos qui confie la direction de l’instruction, de l’équipement et de l’armement au général Eydoux, chef de la Mission militaire française. De plus, durant son mandat, Venizélos multiplie les engagements en faveur des intérêts français en Grèce. Grand bienfaiteur d’institutions telles que l’Ecole française d’Athènes et l’Institut Pasteur hellénique, il favorise leur développement et leur notoriété. Cette coopération militaire et culturelle se double d’un rapprochement diplomatique franco-hellénique dans le jeu d’alliances complexes qui marquent cette première décennie du XXe siècle. Après la Première Guerre balkanique, la France soutient les revendications territoriales de Venizélos, sur la Macédoine et la Thrace orientale, lors des négociations de Bucarest, en juillet 1913. De même, durant la Première Guerre mondiale, Venizélos oppose au roi Constantin Ier, proche des intérêts germaniques, son désir d’engager la Grèce aux côtés de la France et de la triple Entente. Il constitue un gouvernement rebelle dès 1916, et entretient des relations amicales avec les dirigeants français Raymond Poincaré, Edouard Herriot, Georges Clemenceau. En Grèce, ses partisans collaborent activement, avec les chefs militaires de l’Armée d’Orient et les responsables civils français, à la mise en place d’une propagande de guerre anti-allemande. Malgré le manque de moyens de cette entreprise, le pays abandonne sa neutralité en juin 1917, après le renversement du roi, pour rejoindre les rangs alliés. Cette décision permet à la Grèce de bénéficier de grands avantages territoriaux, lors de la signature des traités de Neuilly (1919) et de Sèvres (1920), qui mettent fin au conflit. Paul Deschanel, lors de l’élection de Venizélos à l’Académie des Sciences Morales et Politiques, devait déclarer à son sujet : " Nous, Français, nous aimons le grand patriote, l’habile politique qui a arraché sa noble patrie aux étreintes de l’Allemagne ". Cependant, la disgrâce de l’homme d’Etat intervient après l’échec d’une guerre engagée contre Mustafa Kemal et les Turcs. Ecarté de la vie politique en 1920, plusieurs fois rappelé aux affaires publiques par la suite, il tente une ultime et vaine action en Crète, en 1935. A chaque échec, il choisit l’exil vers la France, vers Paris, où il séjourne de 1920 à 1928 et où il meurt en 1936. B.A Ce texte a été réalisé à l’aide de la thèse de Cécile Petit, Les relations franco-helléniques culturelles et scientifiques : essai de bilan historique et contemporain, Thèse de doctorat, Université de Bordeaux, 1994. |
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