|
|
Octave Merlier |
|
Agrégé de grammaire, il prépare en 1925 une thèse sur " La Langue française dans le quatrième Evangile "et souhaite approfondir ses travaux en Grèce. De ce fait, il est nommé à sa demande, à la tête de l’Ecole Giffard. Cette école est la mise en application d’un point de l’ordonnance du 11 septembre 1846, fondatrice de l’Ecole Française d’Archéologie qui prévoyait la possibilité pour celle-ci d’organiser des cours publics de langue et littérature françaises. Ainsi, de 1925 à 1961, Octave Merlier se consacre à " son " Institut, créant des structures solides et lui assurant un prestige inégalé. Lorsqu’il arrive en Grèce, Octave Merlier dirige une école encore bien timide : tout reste à faire. Il va alors s’engager dans une politique de développement structurel et intellectuel. Le développement structurel se fait d’abord en collaboration avec des organismes existant et tout particulièrement l’Alliance Française de Grèce dont Octave Merlier devient vice-président en 1933. Son arrivée va impulser une nouvelle dynamique à l’Alliance qui voit ses effectifs croître. Dès lors que l’Institut Français obtient son autonomie totale vis à vis de l’Ecole Française d’Archéologie en 1946, Octave Merlier est officiellement nommé directeur et intègre l’Alliance Française au sein de l’Institut. Mais le développement se fait également par la création d’annexes tant à Athènes et sa banlieue qu’en province, mouvement qui caractérise les années de gestion Merlier. Octave Merlier s’attache également à développer les activités de l’Institut Français d’Athènes en mettant en valeur la culture française et la culture néo-hellénique. Tout au long de sa direction, Merlier s’emploie à maintenir au sein de l’Institut Français les valeurs fondatrices de la République Française, malgré des contextes parfois difficiles. Ainsi, lors de la guerre italo-grecque mais aussi lors de la guerre civile grecque ou de la dictature des Colonels, l’Institut s’est révélé être le cœur de la résistance intellectuelle. Symbole des libertés alors bafouées, il garantit la liberté d’expression par de nombreuses conférences mais également en allouant des bourses d’études à ceux désireux de rejoindre la France. Partisan de la France libre, Merlier est mis en résidence surveillée à Aurillac par le gouvernement de Vichy de 1941 à 1945. Pendant ce laps de temps l’intérim est assuré à Athènes par Roger Milliex, collaborateur et ami d’Octave Merlier. Défense de la culture française et de ses valeurs mais aussi défense de la culture néo-hellénique. Ainsi, Octave Merlier se trouve à l’avant garde de la politique culturelle française en célébrant la parenté intellectuelle franco-grecque. Cette politique ne trouve pas de soutien officiel : la politique culturelle française d’alors est centrée sur la promotion de la culture française uniquement. Le point d’orgue de cette vision personnelle de la coopération culturelle se manifeste par la création du Centre d’Etudes d’Asie Mineure. Ce centre créé par Melpo Merlier, épouse du directeur de l’Institut Français, se développe grâce au soutien financier de la France avant d’être offert à l’Etat grec. Si la Grèce a manifesté un grand enthousiasme lors de ce don, il n’en a pas été de même du côté français, la France souhaitant que les archives de ce centre demeurent sa propriété. Cet épisode marque le glas de la direction d’Octave Merlier. Il s’agit là d’un prétexte plus que d’une raison valable, car les relations avec l’ambassadeur souffrent du prestige d’Octave Merlier, souvent perçu comme l’interlocuteur unique de la France en Grèce. Ainsi, malgré les interventions de diverses personnalités, Octave Merlier est démis de ses fonctions en 1961. Rentré en France il devient professeur de grec moderne à l’Université d’Aix-Marseille. Il décède en 1976. |
|
|
|
|