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Mélina Mercouri |
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Mais la jeune Melina veut devenir actrice, ce à quoi ses parents s’opposent fermement. Ils rêvent pour elle d’un bon mariage et de beaux enfants… Cependant, la jeune fille s’obstine et auditionne secrètement à l’Ecole d’Arts Dramatique du Théâtre National. Admise, elle obtient finalement le consentement de sa famille pour suivre les cours dispensés. Sa mère pose néanmoins une condition : Melina doit devenir une personnalité importante, c’est à dire s’imposer tant sur la scène grecque que sur les scènes européennes, et tout particulièrement françaises. Dès lors, la France va constituer un objectif majeur dans le plan de carrière de la jeune Hellène. Elle obtient son premier rôle d’actrice professionnelle en 1944 dans Le Chemin de la liberté, son interprétation est fortement critiquée par ses compatriotes. Mais peu à peu elle va gagner les faveurs du public grec, en particulier dans Le Deuil sied à Electre d’Eugène O’Neill. Elle triomphe même dans son interprétation de Blanche dans Un Tramway nommé désir. Le succès grec ne lui fait cependant pas oublier ses ambitions françaises. Elle arrive à Paris en juillet 1950 où elle rencontre Marcel Achard, roi du boulevard. Ce dernier lui propose un rôle qu’elle décline ayant déjà pris des engagements à Athènes. Elle revient à Paris au printemps 1951 et peut désormais honorer les propositions de Marcel Achard. Elle joue dans Le Moulin de la galette à la Michodière. La jeune grecque n’est pas épargnée par les critiques hexagonales. Elle rentre en Grèce, amère. Cependant cette expérience malheureuse ne l’a pas découragée. Dès 1952 elle est de retour en France. Elle travaille alors avec deux auteurs : Marcel Achard dans Les Compagnons de la Marjolaine puis Jacques Deval dans Il était une Gare. Les Compagnons de la Marjolaine sont un franc succès et élèvent Melina Mercouri au rang de vedette en France. Entraînée dans le tourbillon mondain, elle fréquente Marcel Pagnol, Henry Bernstein, André Roussin, Sacha Guitry, Colette,… Cocteau la dessine. En 1953, elle est de retour à Athènes où elle devient la tête d’affiche de la troupe de Marika Kotopouli. Elle s’attache alors à l’interprétation de grands rôles classiques. Puis le cinéma lui tend les bras. Iacovos Cambanellis pense à elle pour interpréter Stella dans le film du même nom, réalisé par Cacoyannis. Le film est présenté en compétition officielle lors du huitième Festival International du Film de Cannes en 1955. Des bruits prétendent que Melina Mercouri se verrait attribuer le prix d’interprétation féminine, ce qui ne sera pas le cas. Mais sa déception sera compensée par sa rencontre avec Jules Dassin, réalisateur américain exilé en France en raison du maccartisme. De cette rencontre naîtra une grande histoire d’amour mais également une longue coopération cinématographique. Le premier film concrétisant la collaboration de Jules Dassin et Melina Mercouri est Celui qui doit mourir. Il est accueilli froidement à Cannes en 1957. Par la suite, suivront La Loi et Jamais le dimanche. Ce dernier film apporte la gloire mondial au couple. Melina Mercouri est projeté au premier rang de la scène cinématographique mondial. Dès lors le couple vit à Paris. Puis Jules Dassin réalise Phaedra, adaptation moderne de la tragédie d’Euripide avant de se lancer dans la mise en scène théâtrale avec Flora dont Melina Mercouri tient le rôle titre. Une fois encore, l’actrice grecque ne rencontre pas le succès face au public français. Elle retourne donc jouer sur les scènes grecques où elle jouit d’une grande popularité. De nouveau elle coopère avec son compagnon dans Dix heure et demi du soir en été, roman de Marguerite Duras, scénarisé par Jules Dassin. Elle se lie alors d’amitié avec l’auteur mais également avec sa compagne sur le tournage, Romy Schneider. Par la suite, le couple, uni à la mairie de Lausanne depuis 1966, s’envole pour les Etats-Unis où il a été demandé à Jules Dassin une adaptation de Jamais le dimanche en comédie musicale. Cela s’intitulera " Illya Darling ", Melina Mercouri y reprendra son rôle tenu au cinéma. Mais le coup d’Etat des Colonels le 21 avril 1967 coupe net la carrière artistique de Melina Mercouri. Elle prend position pour la démocratie grecque et joue un rôle actif dans la résistance au régime dictatorial. Le 12 juillet 1967, elle est déchue de la nationalité grecque pour " activité anti-nationale à l’étranger ". C’est ensuite l’Eglise Orthodoxe qui l’excommunie car elle a épousé en Juif. Ces événements font d’elle une héroïne nationale en exil. La France lui propose d’acquérir la nationalité française, ce qu’elle refuse. Elle s’installe néanmoins à Paris en 1968 d’où elle va organiser sa résistance au régime des Colonels. Le 12 avril 1968 elle s’allie à différents artistes français pour organiser une soirée Salle Pleyel. Participent à cette manifestation Jean-Paul Sartre, Serge Reggiani, Cacoyannis, Joe Dassin, … Elle est également reçue par les hommes politiques tels François Mitterrand, André Malraux, Jacques Duhamel. Au printemps 1971, Melina Mercouri sort un disque en français contre le régime grec, auquel Serge Lama, a collaboré. Elle multiplie d’ailleurs ce genre d’actions. Elle tourne également un reportage pour la télévision française, " Si Melina m’était contée ". Les événements qui se déroulent en Grèce, en particulier les révoltes étudiantes, inspirent Jules Dassin qui réalise alors La Répétition. Le 24 juillet 1974, le régime des colonels s’effondre. Melina n’attendra que deux jours pour rentrer en Grèce et ne plus la quitter. Cela ne signifie pas pour autant qu’elle coupe tout contact avec la France qu’elle qualifie volontiers de deuxième patrie. En effet, après avoir adhéré au PASOK (parti socialiste panhellénique), elle est élue députée en 1977 et devient Ministre de la Culture de 1981 à 1989 puis de 1993 à 1994. Dès lors, la France est présentée comme un phare pour la Grèce. Melina Mercouri entretient des rapports privilégiés avec son homologue français, Jack Lang. Ils partagent de nombreux projets et tout particulièrement celui de lier les peuples de la Méditerranée. En 1990 , elle se présente à la Mairie d’Athènes et fait appel à Jacques Séguela pour orchestrer sa campagne. La présence du célèbre publicitaire français ne fera cependant pas de Melina Mercouri la nouvelle Maire d’Athènes. Melina Mercouri est décédée en 1994 à New York, des suites d’un cancer. Sa vie durant, elle a affirmé sa nationalité grecque ( cf. son autobiographie, Je suis née grecque ) mais a toujours reconnu sont attachement pour la France tout comme la France a su reconnaître son amitié pour la belle Hellène, comme le prouve l’éloge funèbre fait en français par Jack Lang lors de ses obsèques. |
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