Pierre de Coubertin
(1863-1937)


    Pierre de Coubertin est entré dans la postérité grâce à son investissement pour la résurrection des jeux olympiques. Cependant, derrière la figure symbolique, les différents aspects de sa personnalité forment un ensemble complexe.

    Pierre Frédy, baron de Coubertin, est né le premier janvier 1863. Etudiant, il montre un vif intérêt pour les lettres, l’histoire et les problèmes de sociologie et de pédagogie. C’est à ce dernier domaine qu’il va d’ailleurs se consacrer, renonçant par la même à une carrière militaire.

    Fortement influencé par Hyppolite Taine, il voue une admiration particulière à l’Angleterre et à son système éducatif découvert  grâce à de multiples voyages. Il estime ainsi que développer l’éducation physique génère une force sociale et des vertus morales nécessaires à la construction du citoyen.

    C’est fort de ces convictions que Pierre de Coubertin œuvra pour le rétablissement des jeux olympiques. Certes, il n’a pas été le premier à tenter de restaurer cet événement : en Grèce et en Europe des expériences similaires (notamment en Angleterre) avaient vu le jour, sans grand succès mais surtout sans aucune pérennité.

    C’est par l’établissement d’une structure permanente, le Comité Olympique International (CIO), que Pierre de Coubertin a pu mener à bien son projet. Le CIO est né le 23 juin 1894, lors du congrès de Paris. Son premier président fut le Grec Vikelas, Pierre de Coubertin occupant le poste de secrétaire général. Dès lors, tous les efforts sont déployés pour l’organisation des premiers jeux olympiques modernes que les deux hommes désiraient inscrire dans la continuité de ceux de l’antiquité.

    Pour eux, la Grèce antique portait des valeurs qu’il était nécessaire de réactualiser. Les Grecs associaient le sport aux activités de l’esprit dans le programme d’éducation du citoyen (l’éphébie). Dans ce contexte, ils organisaient tous les ans des rencontres sportives, dont la plus prestigieuse, les jeux olympiques, se déroulait tous les 4 ans, sur le site d’Olympie en l’honneur de Zeus. Lors de ces jeux, les athlètes issus de cités parfois rivales se retrouvaient autour d’un idéal commun : l’unité du monde hellénique. Cette notion d’unité séduisait particulièrement Pierre de Coubertin qui voyait là un moyen de transcender les conflits internationaux de son temps.

    Athènes fut désignée comme ville organisatrice des premiers jeux olympiques modernes. La Grèce souhaitait d’ailleurs être pays organisateur de toutes les olympiades, ce à quoi Pierre de Coubertin s’opposa au nom du principe d’universalisme des jeux.

    Ce fort investissement personnel pour la renaissance des jeux ne doit cependant pas faire oublier certaines de ses convictions, répandues à son époque : la misogynie et le racisme. Ainsi, il indiquait que « à la race blanche d’essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance ». Ces propos s’éloignent des principes d’universalisme. En ce qui concerne les femmes, Pierre de Coubertin précisait « le seul véritable héros olympique, je l’ai dit, c’est l’adulte mâle individuel. Par conséquent, ni femme, ni sport d’équipe ». Lorsque les femmes ont fait leur apparition dans la compétition olympique en 1900 à Paris, Pierre de Coubertin à d’ailleurs tenu à souligner que c’était contre son gré.

    L'organisation des Jeux Olympiques a bénéficié de son esprit méthodique, précis et de sa large compréhension des aspirations et des besoins de la jeunesse. La Charte et le Protocole Olympiques, ainsi que le serment des athlètes, sont son œuvre, de même que le cérémonial de l'ouverture et de la clôture des Jeux. En outre, jusqu'en 1925, il présida personnellement le CIO. Le titre de président d'honneur des Jeux Olympiques lui fut donné en 1925, titre qu'il conserva jusqu'à son décès. Il fut spécifié que cette dignité ne serait jamais conférée à personne d'autre. La rénovation des Jeux Olympiques ne représente qu'une faible partie de l'œuvre de Coubertin. Outre de nombreuses publications consacrées à la technique et à l'enseignement du sport, on lui doit d'importantes études historiques, politiques et sociologiques. Son œuvre écrite totalise plus de 60.000 pages. Il est mort à Genève (Suisse) le 2 septembre 1937 après avoir dépensé toute sa fortune pour son idéal. Selon ses dernières volontés son cœur repose à Olympie dans la stèle de marbre commémorant la rénovation des jeux olympiques.
     


Les anneaux olympiques