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Les Hymnes constituent un recueil écrit entre 1555 et 1556. Elles se présentent comme une œuvre foisonnante, inclassable qui se caractérise par le passage progressif du plan de l’histoire à celui de la mythologie. Ainsi articulées entre le présent du règne d’Henri II et le passé légendaire des Argonautes, les Hymnes amènent à se poser la question de la coexistence, voire de l’interférence, de l’histoire et du mythe au cœur d’une œuvre. La mythologie assume tout d’abord, une fonction idéologique dont la finalité consiste à glorifier et à magnifier la monarchie. Un jeu permanent de correspondances et de métonymies entre les hommes et les dieux, permet ainsi de superposer à l’éclat de la mythologie la splendeur de l’histoire présente. Ainsi la mythologie se réactualise et l’histoire s’élève au rang du mythe. C’est sans doute sur la personne du roi que convergent et se concentrent les comparaisons les plus fortes entre l’histoire et la mythologie. Il est comparé et mesuré tour à tour à Achille, Ménélas, Agamemnon ou Ajax. De plus, par sa majesté et sa position à la tête du royaume, il incarne le pouvoir absolu de Jupiter. Il devient ainsi l’objet d’une réelle héroïsation et entre dans une dynamique de divination qui le rend, en définitive, supérieur à son homologue céleste. "Jamais tant Jupiter sa Crete n’honora Hercule jamais tant Thebes ne decora Apollon sa Delos, comme toy par ta guerre Honoreras un jour cette Françoise terre" O.C., VIII, 27,vv. 423-426, hymne à Henri II Dans les Hymnes, la mythologie se met donc complètement au service d’une politique fondé sur des critères d’exemplarité des vertus guerrière, assimilées et illustrées par les hauts faits des Olympiens. Enfin, de façon plus générale, les Hymnes illustrent parfaitement la dynamique de la copia et de la varietas à l’œuvre chez Ronsard, par un va-et-vient permanent entre l’histoire et la mythologie, faisant varier en permanence les références et multipliant les analogies. Elles forment ainsi une vaste polyphonie, instaurant un dialogue entre un temps « primordial », celui de la mythologie et un temps « historial », incarné ici par le règne d’Henri II. |