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Si Victor Hugo ne se distingue pas parmi les premiers philhellènes, en revanche, il sera l'un des plus ardents et des moins passagers. Les Orientales, son recueil de poèmes philhellènes - L'Enfant restant le plus fameux - , publié en 1827-28, obtient un succès mitigé en Grèce. Dans ce pays en pleine effervescence, on lui préfère en effet le profond engagement du Victor Hugo défenseur des peuples : - en 1849, il fustige Louis Napoléon Bonaparte et ses troupes qui prennent Rome aux républicains italiens ; - en 1852, il condamne le coup d'Etat du même Louis Napoléon ; - exilé à Guernesey depuis 1855, il soutient de 1866 à 1869, à plusieurs reprises, mais sans succès, l'insurrection des Crétois : en décembre 1866, après plusieurs sollicitations grecques le priant de plaider la cause des insurgés crétois, il prend ainsi la plume : « Un cri m’arrive d’Athènes. Dans la ville de Phidias et d’Eschyle un appel m’est fait, des voix prononcent mon nom. Qui suis-je pour mériter un tel honneur ? Rien. Un vaincu. Et qui est-ce qui s’adresse à moi ? Des vainqueurs. Oui, Candiotes héroïques, opprimés d’aujourd’hui, vous êtes les vainqueurs de l’avenir. Persévérez. Même étouffés, vous triompherez. La protestation de l’agonie est une force […] » La presse grecque mentionne Victor Hugo en tant qu'écrivain et poète en 1841 et ses premiers textes, traduits un an plus tard, ne rencontrent encore qu'un public d'érudits francophones, alors même qu'au XIX° siècle la langue française avait un rayonnement certain en Grèce. Dix ans plus tard seulement, en 1852, la revue littéraire Efterpi esquisse la première biographie de Victor Hugo tandis qu'à cette date seules deux pièces de théâtre, Angelo, tyran de Padoue et Lucrèce Borgia, sont traduites. Ce sont d'ailleurs plus les représentations théâtrales que la traduction de ses oeuvres, qui contribuent à populariser Victor Hugo en Grèce. Cependant, ses deux grands chefs-d'œuvre, Les Misérables, traduit en 1862-63, et Notre Dame de Paris, en 1867, y rencontrent un très grand succès populaire. De 1870 à 1885, alors que la Grèce connaît un régime monarchique, les activités politiques de Victor Hugo, et son combat en faveur de la Commune de Paris, sont souvent perçus comme une dangereuse dérive anarchiste. Son activité littéraire et sa vie privée continuent néanmoins à trouver un écho dans la presse et, le 22 mai 1885, à sa mort, les commémorations en Grèce n'ont rien à envier à celles de la France : la renommée du chef de file des Romantiques français y est et y demeurera incontestable. V.B.
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