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Itinéraire de Paris à Jérusalem
Notre vaisseau avait mouillé à une demi lieue de Modon, entre
le canal formé par le continent et les îles Sapienza et Cabrera,
autrefois Oenussae. Vues de ce point, les côtes du Péloponnèse,
vers Navarin, paraissent sombres et arides. Derrière ces côtes s'élèvent,
à quelque distance dans les terres, des montagnes qui semblent être
d’un sable blanc, recouvert d’une herbe flétrie: c'étaient là cependant
les monts Egalées, au pied desquels Pylos était bâtie. Modon ne
présente aux regards qu'une ville du Moyen Age, entourée de fortifications
gothiques, à moitié tombantes. Pas un bateau dans le port; pas un
homme sur la rive ; partout le silence, l'abandon et l'oubli
». François-René de Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem, Paris, Le Normant, 1811. |