|
|
Les Français dans les îles ioniennes |
|
Cette dernière possession, loin des côtes françaises justifiée par des valeurs philanthropiques révélait d’une logique stratégique. Là jouèrent les rivalités de toutes les grandes puissances d’alors puisque françaises entre 1797-1799 puis entre 1807-1814, les îles Ioniennes furent russes entre 1804 et 1807 puis anglaises à partir de 1814. Napoléon Bonaparte alors membre du Directoire écrivait : " les îles de Corfou, Zante et Céphalonie sont plus intéressantes pour nous que toute l’Italie ensemble. L’empire des Turcs s’écroule tous les jours ; la possession de ces îles nous mettra à même de soutenir autant que ce sera possible ou d’en prendre notre part. " Le débarquement français à Corfou eut lieu en juin 1797. Sa portée stratégique fut exploitée lors de la campagne d’Egypte menée en 1798. Toutefois, il serait erroné de prétendre que la présence française se soit limité à une occupation à des fins uniquement logistiques. En effet, même si l’idée d’établir une république et de libérer Corfou de la domination vénitienne n’aboutit pas, la réorganisation du territoire ne fut cependant pas minime. Après le traité de Campo-Fornio, il fut décidé la création de trois départements dans les îles ioniennes, ce qui engendra de grands bouleversements dans l’administration locale. Par ailleurs, la présence française joua un rôle de premier plan dans l’élaboration de la conscience nationale grecque. La France révolutionnaire bénéficiait alors d’un fort potentiel de sympathie et Napoléon Bonaparte était considéré comme un libérateur des peuples. Ce rôle ne fut pas négligé. Ainsi, les idées révolutionnaires purent être véhiculées par des écoles (majoritairement confessionnelles), une bibliothèque mais également une imprimerie qui vit le jour sous l’impulsion directe de Napoléon. Il y voyait là un moyen de publier des écrits à contenu révolutionnaire pour que les Corfiotes mais également les Grecs sous domination ottomane préparent leur propre libération. De ce fait, lorsque les Français reprirent possession de l’île en 1807, après leur passage sous domination russe, ils furent accueillis sans hostilité. Les dernières années sous le joug français permirent la création d’une Académie Ionienne mais également d’une Ecole des Beaux Arts tandis que les premières fouilles archéologiques étaient engagées. Ainsi, l’occupation fut également porteuse de valeurs de liberté et d’égalité ce qui permis l’affermissement du sentiment national grec. |
|