Vénus de Milos
Mélos, Grèce, fin du IIe siècle avant J.-C.,
marbre,  Musée du Louvre, Paris
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La Vénus de Milos

     
    A l’image de nombreuses îles de l’archipel des
    Cyclades, Milos garde les vestiges de la présence française sur ses terres. Mais ce qui en fait sa véritable particularité, c’est la découverte d’une statue devenue célèbre et conservée aujourd’hui au Musée du Louvres à Paris.

    Pourtant, c’est presque un miracle si cette sculpture se trouve en Hexagone tant sa destinée fut mouvementée.

    En 1817, le comte de Forbin, qui allait par la suite devenir le directeur des musées de France, avait remarqué lors de son " Voyage du Levant " combien cette petite île cycladique était riche en antiquités. Mais l’accident de l’architecte Huyot qui l’accompagnait (il se brisa la jambe) l’empêcha de s’attarder et le contraint à quitter prématurément Milos.

    Trois ans plus tard débarquèrent dans l’île deux vaisseaux de la Royale (flotte militaire francaise) l’Estafette et la Chevrette. A leurs bords, deux officiers, Vautier et le futur amiral Dumont d’Urville. Leur attention fut attirée par la beauté des morceaux d’une statue de marbre qu’un paysan venait de tirer de son champ en labourant. Ils entreprirent alors d’avertir Louis Brest, agent consulaire à Milos, qui transmit un rapport au consul de France à Smyrne (Izmir en Turquie) Pierre David, lequel contacta l ‘ambassadeur de France le marquis de Rivière. Ce dernier avait entre-temps été directement mis au courant par Vautier et Dumont d’Urville débarqués à Constantinople et décida d’envoyer un secrétaire, le vicomte de Marcellus acquérir la statue à ses frais.

    Mais un bateau albanais avait déjà embarqué la sculpture et s’apprêtait à faire voile vers la Turquie dans le but de l’offrir à l’administrateur des Cyclades, le prince Mourousi. Marcellus parvint à convaincre les chefs de Milos de lui remettre la statue, prétextant que l’agent consulaire Brest s’en était porté acquéreur le premier.

    Il est probable que les bras de la statue furent brisés durant le transfert du vaisseau albanais vers l'Estafette. Marcellus gagna le Pirée afin de montrer les fragments de la sculpture à l’archéologue Fauvel, puis se rendit à Smyrne et Constantinople. M. de Rivière une fois en possession de la statue en fit don à Louis XVIII. Elle fut restaurée et gagna sa place au Louvres sous la nomination de Vénus ou Aphrodite de Milos, reconnue comme un chef d’œuvre de l’art hellénistique (IIe siècle avant JC).

    Cet arrachement de la statue fut cruellement payée par ses inventeurs : le paysan qui l’avait découverte fut bastonné, les chefs de Milos fouettés, M. de Rivière ne fut jamais remboursé de son achat et Brest dut attendre six ans avant d’obtenir le poste de vice-consul qu’il briguait.