Le pont Rion-Antirion


    En 1882, la France et la Grèce ont bâti ensemble l’une des plus surprenantes constructions maritimes d’Europe, le canal de Corinthe. A la même époque, le premier Ministre grec Harilaos Trikoupis imagina un pont immense permettant la liaison entre Patras et la région de Naupacte. Mais la technique faisait alors défaut dans ce domaine et le rêve ne devint pas réalité.

    Plus d’un siècle s’est écoulé et en 2002, à l’heure de l’Europe, Grèce et France s’allient de nouveau, ainsi que d’autres pays, pour construire cet ouvrage dont l’ambition égale celle qui animait les bâtisseurs du canal : le pont Rion-Antirion.

    Ce gigantesque édifice franchira par l’Ouest d’ici 2004, les 2500 mètres d’étendue d’eau du détroit de Corinthe, reliant les localités de Rion et d’Antirion. Il permettra aux automobilistes de joindre le Péloponnèse et la Grèce continentale en cinq minutes au lieu des quarante-cinq nécessaires au bac pour faire la jonction.

    La société française VINCI, basée à Rueil (France) est le numéro un mondial de la construction et des services associés. Aux côtés des activités traditionnelles de bâtiments et de travaux publics, VINCI est leader mondial dans le domaine des concessions d’infrastructures et un acteur majeur dans le secteur des routes et de l’ingénierie électrique En 1995, ce géant du bâtiment a créé avec six sociétés de construction grecques la société de droit grec Gefyra. Le seul but de cette dernière était la signature avec l’Etat grec de la concession pour la construction du pont. En tant que concessionnaire, Gefyra SA est responsable de la conception, de la construction, du financement, de l’exploitation et de l'entretien du pont sur une période de 42 ans. Le siège a été établi à Halandri près d’Athènes. VINCI est l’actionnaire principal de Gefyra puisque 53% du capital est en sa possession.

    Le financement du projet est notamment assuré par une trentaine de banques parmi lesquelles des banques américaines, allemandes, asiatiques, britanniques et françaises. Ces dernières sont au nombre de cinq ; il s’agit de la CIC, du groupe Banque Populaire-Natexis, du Crédit Agricole indo-suez, de la Caisse Générale des Banques Populaires et de la Société Générale.

    La réalisation du pont s’effectue dans des conditions naturelles difficiles. Il faut en effet tenir à la fois compte des risques sismiques et de la profondeur des fonds marins qui atteignent 65 mètres à cet endroit et qui en outre sont d’une grande friabilité.
     


silhouette du pont Rion Atirion (simulation )
(droits réservé
s)