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Rhodes |
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L’Ordre s’organise en groupes nationaux ou " langues " dont la France, l’Auvergne, l’Aragon, la Provence mais aussi l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et l’Angleterre. Chaque groupe est constitué de Chevaliers issus de nobles familles catholiques, de frères servants d’origine roturière aides-soignants des Chevaliers, et de clercs rattachés aux églises et hôpitaux de l’Ordre. Tous ces membres résident dans une auberge réservée à leur groupe. Enfin un grand Maître est élu à la tête de l’ensemble des " langues ". Les Français étaient les plus nombreux et à ce titre le latin et le francais constituaient les deux langues officielles de l’Ordre. La présence des Chevaliers de Saint Jean à Rhodes va apporter de nombreuses modifications à la plus grande île du Dodécanèse. Ils vont en effet s’appliquer à bâtir une trentaine de forteresses destinées à protéger l’île des invasions turques et pirates, mais également bon nombre de murailles, monastères, églises…le plus souvent dans un style architectural gothique proche du style provençal d’alors. Ainsi le palais des grands Maîtres rappelle t-il le palais des Papes en Avignon et les églises Saint Jean ou Notre Dame des Doms celle de Villeneuve-lès-Avignon. Les Chevaliers et leur suite résidaient dans le Collachium ou citadelle. Il s’agit de toute la partie nord de la vieille ville de Rhodes. On y pénètre par la porte d’Amboise, du nom de son bâtisseur Aimeri d’Amboise, frère du ministre de Louis XII le cardinal Georges d’Amboise. Situé à l’extrémité nord-ouest du Collachium, le palais des grands Maîtres (paláti Megalon Magistron) s’apparente plus à une place forte qu’à un véritable palais. En effet sa muraille crénelée jalonnée de tours, son donjon, ses fossés et ses trois étages souterrains où l’on stockait vivres et munitions en faisaient une forteresse capable de subsister à bien des sièges. Traversant le Collachium de part en part, la rue des Chevaliers (odós Ipototón) rassemble les auberges dans lesquelles résidaient les Chevaliers de Saint Jean. Succédant à l’auberge de Provence et à la chapelle de la " langue " de France, on parvient à la plus grande de toutes les auberges, celle de France dont la porte est surmontée d’une inscription consacrée à Aimeri d’Amboise précédemment cité et Grand Maître de l’Ordre de 1503 à 1512. La rue se termine au niveau de l’Hôpital des Chevaliers, dirigé à l’époque par un bailli de la " langue " de France. Cette structure imposante terminée sous le Grand Maître Pierre d’Aubusson (1478-1505) pouvait recevoir une centaine de malades. Elle abrite de nos jours le Musée archéologique. A quelques centaines de mètres de l’Hôpital se trouve l’auberge d’Auvergne dont la porte gothique est ornée d’une inscription de 1513 mentionnant le neveu de Pierre d’Aubusson, Gui de Blanchefort qui fut attaché à Zizim, Rhodes et Bourganeuf dans la Creuse. L’entrée dans le Bourg s’effectue par l’imposante porte Sainte Catherine (ou porte de la Marine) sur laquelle, outre l’écusson de l’Ordre et celui de Pierre d’Aubusson qui la fit bâtir en 1478, sont sculptés des lys de France. Le même Pierre d’Aubusson fit débuter la construction de la loge des Marchands (Lódzia Embóron) utilisée à la fois comme lieu de réunion et de tribunal pour les différends commerciaux. Aimeri d’Amboise se chargea d’achever les travaux. Les remparts enfin existaient déjà avant l’arrivée des Chevaliers, mais ceux-ci les reconstruisirent presque entièrement et n’eurent de cesse de les renforcer surtout sous Pierre d’Aubusson, Aimeri d’Amboise et Philippe Villiers de l’Isle-d’Adam, augmentant l’épaisseur des murs et la profondeur des fossés. En 1521, la troisième tentative d’invasion des Turcs de Soliman le Magnifique allait s’avérer fatale aux Chevaliers de Saint Jean. Il fallut néanmoins six mois aux 100 000 Ottomans pour venir à bout de la résistance acharnée des 650 Chevaliers et de leur millier d’auxiliaires. Contraints d’évacuer Rhodes, 180 Chevaliers survivants emmenés par Villiers de l’Isle-Adam se réfugient à Malte en 1530. Si Rhodes est incontestablement le lieu privilégié pour admirer les vestiges laissés par l’Ordre de Saint Jean, d’autres constructions demeurent encore sur la majorité des îles du Dodécanèse. Des forteresses et citadelles ont en effet été construites ou simplement restaurées le plus souvent dans le but d’opposer un premier barrage aux Ottomans sur les îles de Nisyros, Tilos, Kalymnos, Kastellorizo ou Kos. A Naxos également, la plus grande île des
Cyclades, se trouve l’Eglise de Saint Antoine Ermite construite au XVe siècle par les Chevaliers. |
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