Le fort napoléonien de Parga


    Parmi les vestiges que l’empereur Napoléon Bonaparte a laissés derrière lui en terre grecque, le fort de Parga n’est pas le moins remarquable. Parga est un petit port épirote de pêcheurs, fort de quelques 1700 âmes et situé à une cinquantaine de kilomètres au sud-est d’Igoumenitsa. Le bourg est construit sur le flanc d’une colline au sommet de laquelle culmine une forteresse bâtie par les Normands au XIVe siècle.

    A quelques coups de rames de la ville, l’ancien fortin impérial est bâti sur l’île de la Vierge (Nisi Panaghia) constituée de deux collines inclinées vers le centre où se situe l’embarcadère. La construction, date de 1805 environ ; elle s’étage jusqu’au sommmet de l’île accessible par un escalier de pierres qui serpente entre les pins et les ruines du fort. Une fois en haut, on surplombe les flots et un panorama s’ouvrant sur Parga et le grand large s’offre au regard, un point idéal de vigie en somme.

    En dépit de l’effondrement qui menace, un projet de rénovation est d’ailleurs en cours, de nombreux éléments du fort demeurent en assez bon état à l’image des voutes et meurtrières que l’on peut encore admirer.

    Le patrimoine historique de Parga ne s’arrête pas au seul souvenir de l’empereur francais puisqu’en 1819 les Anglais alors maîtres de Parga et des îles ioniennes vendirent le petit port au sultan albanais de Ioannina (à une centaine de kilomètres environ au nord-est de Parga) Ali Pacha. Les habitants dans leur majorité décidèrent alors de s’exiler à Corfou. Leurs descendants ne remirent les pieds à Parga qu’environ un siècle plus tard, en 1913, à l’occasion du rattachement de l’Epire à la Grèce.