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Les Français |
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De multiples civilisations s’y sont succédées à travers les siècles et l’archipel a été le théâtre de bien des affrontements pour sa possession. Depuis l’époque franque jusqu’à nos jours, les Français n’ont pas été en reste pour tenter de mettre la main sur les Cyclades avant de s’y intéresser plus pacifiquement par la suite. De nombreuses îles ont conservé les vestiges de cette présence qu’ils soient d’ordre religieux, militaire ou culturel. Les paysages variés des Cyclades ont inspiré de nombreuses œuvres, peintures, récits jusqu’au cinéma puisque Luc Besson en 1987 posa sa caméra sur le sol d’Amorgos pour y tourner une partie du " Grand bleu ". L’île de Naxos tout d’abord, la plus grande des Cyclades. On y trouve la petite église Saint Antoine Ermite construite par les Chevaliers de Saint Jean au XVe siècle. Deux siècles plus tard, en 1627, le palais ducal Sanoudo a abrité le collège français placé sous la protection du roi de France durant l’occupation ottomane. A noter que le romancier crétois Nikos Kazantzakis l’a fréquenté et que l’édifice accueille désormais le musée archéologique. Puis est venue s’ajouter en 1672 une école fondée par le couvent des Ursulines françaises. Au nord-ouest de Naxos, l’île de Syros a de façon analogue été le cadre d’une présence française durable. Outre les fortifications laissées par les Francs, Syros a été selon les termes du botaniste français Tournefort " l’île la plus catholique des Cyclades ". Dès le XVIIe siècle viennent en effet s’y établir plusieurs congrégations catholiques venues essentiellement de France dont les Capucins, sous l’influence desquels les habitants vont se convertir dans leur majorité. Leur couvent (Agios Ioannis) faisait à la fois office de lieu de réunion et de refuge lors des attaques pirates. Les Jésuites possèdent également un monastère tenu encore aujourd’hui par des pères francophones, l’édifice étant possession de la Province de France. Remarquables aussi l’Hôpital français des Filles de la Charité ainsi que l’Ecole française des Frères (dite Ecole Saint Georges) qui accueille 160 élèves, situés à Ermopouli, capitale de Syros. C’est à Ermopouli également qu’au début des années 1860, l’architecte français Chabeau a bâti l’harmonieux théâtre Apollon, réplique réduite de la Scala de Milan. Tout comme Syros attira Nerval, Gautier ou Dumas père, l’île de Paros, plus au sud, a séduit Gobineau alors ministre de France à Athènes qui en fit la description dans sa nouvelle " Akrivia Phrangopoulo ". C’est là, dans les mines aujourd’hui abandonnées de Lefkes, que le marbre qui servit au tombeau de Napoléon fut taillé. Voisine de quelques miles, la petite île d’Antiparos abrite une grotte qui raisonne encore des paroles du marquis de Nointel, ambassadeur de France, qui y donna en 1673 une messe de Noël. Très évocateur, le nom de Milos rappelle avant tout l’image de la Vénus qui y fut découverte en 1820 puis ramenée en France après maintes péripéties. Il ne faut cependant pas omettre les autres particularités qui lient Milos à la France à commencer par Tournefort qui s’y rendit lors de son voyage scientifique en 1700 et décrivit la capitale de l’île comme " assez bien bâtie "en dépit de sa " saleté repoussante ". On peut enfin remarquer le cimetière militaire français situé au site de Bombarda près d’Adamas et dont la stèle posée en 1897 rend hommage à la mémoire des marins et soldats morts durant la Guerre de Crimée. La France a apporté sa contribution aux nombreuses recherches archéologiques effectuées dans les Cyclades notamment à Délos et Amorgos avec l’Ecole française d’archéologie et à Santorin où des archéologues français ont découvert des poteries minoennes au site d’Akrotiri. Notons enfin pour terminer les tableaux du peintre français Braque exposés au musée d’art moderne d’Andros. |
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