|
|
Antibes et
Hyères |
|
C’est au XIXe siècle que l’existence d’une cité grecque antique au lieu-dit de l’Almanarre, point de contact entre la Presqu’île de Giens et le continent, a été formellement identifiée grâce à la reconnaissance de vestiges, puis en 1909 avec la découverte d’une inscription mentionnant les Olbienses. Il s’agissait à l’origine d’un comptoir commercial fortifié bâti par les Massaliotes afin de protéger les routes commerciales vers l’Italie des attaques pirates et barbares. En raison de ce rôle essentiellement militaire, Olbia (« l’heureuse » en grec) ressemblait à une grande caserne protégée par une enceinte carrée de 165 mètres de long. L’intérieur de la ville se divisait en quatre quartiers identiques séparés par deux grandes voies perpendiculaires. On estime sa population autour de 800 à 1000 habitants, des soldats à la fois marins et agriculteurs. En outre, deux sanctuaires ont été identifiés, voués vraisemblablement aux cultes d’Artémis et d’Aphrodite. Les thermes et les vestiges de la cité demeurent encore visibles à l’entrée de la Presqu’île. Tout comme Olbia, Antipolis (« la ville d’en face ») a été fondée par les Massaliotes dans une optique essentiellement commerciale. Le site choisi est un promontoire rocheux qui fait face à Nice et sur lequel se trouvait un oppidum ligure que les Grecs remplacèrent par une acropole à leur arrivée. L’influence de la proche et puissante Massalia va permettre à Anitopolis de devenir un important carrefour du négoce maritime, comme en témoigne la profusion d’épaves retrouvées au large de la ville. A l’image d’Agde, les recherches archéologiques à Antibes ont cumulé des fouilles à la fois terrestres et sous-marines. De multiples objets ont ainsi été remontés des épaves, tels des amphores, céramiques, verreries, et fragments en tous genres. Des tombes, sarcophages et autres stèles funéraires ont également été mis à jour et renseignent sur les différentes pratiques mortuaires dans l’Antiquité. C’est à l’opiniâtreté d’un archéologue, Romuald Dor de la Souchère, helléniste de formation, professeur à Cannes, et qui s’intéressa à Antibes au début du XXe, que la ville doit de posséder aujourd’hui un musée consacré à l’archéologie locale. Outre les travaux de documentation, d’archivage et de moulages réalisés par Dor de la Souchère lui même, le musée rassemble toutes les découvertes antiques précédemment citées. Parmi celles ci, Le galet de Terpon daté du IVe siècle avant JC retient particulièrement l’attention. On peut y lire l’inscription suivante : «Je suis Terpon, serviteur de l'auguste Aphrodite, que Cypris accorde sa faveur à ceux qui m'ont confié cette charge» . |