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L'Armée d'Orient |
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Dès lors se pose la question de l’opportunité d’un front à Salonique. Français et Anglais se décident finalement à demeurer dans la région afin de faire pression sur la Grèce, neutre, pour qu’elle entre dans la coalition de l’Entente. A compter de 1915, l’Armée d’Orient s’organise peu à peu, jusqu’à l’offensive de septembre 1918. Le 28 août 1916, la Roumanie entre en Guerre aux côtés des Alliés. De ce fait, l’idée d’attaquer la Bulgarie au sud et au nord s’impose. Toutefois, la Bulgarie avait anticipé le mouvement en attaquant Salonique dès le 18 août 1916. Par conséquent, les plans d’offensive du général Sarrail sont bouleversés : il doit avant tout contre-attaquer. L’élan de contre-attaque va céder la place à une position de défense lorsque s’effondre la Roumanie en décembre 1916. L’armée d’Orient gère alors un front secondaire qui doit se mettre en situation de s’engager au moment opportun pour faciliter les opérations des autres fronts. Néanmoins, la défense des positions va être facilitée par l’entrée en guerre de la Grèce en juillet 1917 , dont les troupes viennent renforcer les tranchées de Salonique. L’année 1917 est critique pour l’Entente. La signature du traité de Brest-Litovsk voit la disparition du front de l’est et le report des divisions allemandes sur le front ouest. La peur alliée d’une offensive allemande pour le printemps entraîne une réduction des effectifs militaires sur les fronts secondaires et tout particulièrement en Macédoine, où le général Sarrail a été relevé de ses fonctions et remplacé par le général Guillaumat. Ainsi, la mission de Guillaumat est claire. Il doit maintenir l’intégrité du front macédonien, empêcher toute incursion ennemie sur le territoire grec et étudier la possibilité d’actions offensives. Cependant, l’offensive allemande vers Amiens en mars 1918 puis la bataille du Chemin des Dames en mai contraignent Guillaumat à rentrer en France. C’est le général Franchet d’Espérey qui est envoyé à Salonique. Le général Franchet d’Espérey s’attèle alors à la préparation d’une grande offensive dont l’objectif est de disloquer les armées bulgares par une rupture du front en montagne, suivie d’une exploitation rapide sur Gradsko au confluent du Vardar et de la Cerna, là où se soudent les communications des armées bulgares et allemandes. Cette offensive commence le 15 septembre 1918. Le rapport de force est favorable à l’Entente qui comptent 650 000 hommes contre 450 000 pour les adversaires. Les troupes commandées par le général Franchet d’Espérey ( françaises, serbes et grecques majoritairement ) ont besoin de 15 jours de combat pour aboutir à un armistice avec la Bulgarie. Les opérations se déroulent en trois phases comme convenu dans le plan de bataille initial. L’action de rupture du front a lieu les 15, 16 et 17 septembre, puis elle est exploitée vers Gradsko et Prilep avant d’atteindre Skopje. Ainsi, en 15 jours, l’armée d’Orient a progressé de 130 kilomètres, fait 90 000 prisonniers, pris 800 canons et infligé la première défaite à un membre de l’Alliance. Toutefois, la bataille de la Macédoine reste une bataille archaïque, celle d’une infanterie sans char. La progression de la cavalerie s’est faite à pied, chevaux à la bride, ce qui fait dire à Franchet d’Espérey devenu maréchal : « Cette opération d’envergure prouve qu’au 20ème siècle, comme au 19ème siècle, les victoires se remportent encore avec les jambes. » Cette victoire va être lourde de conséquences sur l’issue de la guerre. En effet, elle a retardé les offensives allemandes sur le front ouest, permettant la coordination des Alliés avec les troupes américaines pour l’offensive finale, jusqu’à la victoire de novembre. |
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