port d'Héraklion

1942

Le raid du "French Squadron"
sur Héraklion


    Les Grecs ayant infligé une cuisante défaite aux armées italiennes sur le front albanais, l'armée allemande prend la relève et attaque la Grèce le 6 avril 1941. Le 27 avril, les Allemands entrent dans Athènes et le 11 mai, la Grèce continentale et la plupart des îles sont occupées. Il n'y a guère que la Crète, où les derniers survivants du contingent britannique se sont repliés, qui oppose encore une résistance . Ainsi, du 20 au 30 mai, l'Allemagne et la Grande-Bretagne se livrent sur l'île à une lutte acharnée qui se solde par une victoire allemande mais au prix de lourdes pertes humaines et matérielles dans les deux camps. Contraints à capituler, beaucoup de soldats britanniques prennent le maquis.

    Dès lors, la résistance s'organise en Crète : les opérations de sauvetage et de sabotage menées principalement par les Services secrets du Caire et des combattants crétois se multiplient, entraînant systématiquement de très lourdes représailles allemandes dans les populations civiles de l'île.

    C'est dans ce contexte que s'inscrit, à partir du 10 juin 1942, le raid sur l'aérodrome d'Héraklion du " French Squadron ", des parachutistes de la France Libre intégrés dans l'unité du " Special Air Service ", créée par le major David Stirling et spécialisée dans la destruction des avions de l'Axe.

    Sous les ordres du commandant britannique George Lord Jellicoe et du commandant français Georges Bergé (1909-1967), trois Français et un Crétois, le sergent Mouhot, les caporaux Sibard et Pierre Léostic (1924-1942), le lieutenant Petrakis, se voient confier pour mission de détruire des bombardiers et des dépôts de munitions et de carburant sur l'aérodrome d'Héraklion.

    L'opération est un succès : dans la nuit du 13 au 14 juin, vingt-et-un avions de combat, cinq endommagés et quatre dépôts de munitions et de carburant sont détruits. En revanche, sur le chemin du retour, pris dans une embuscade à la suite d'une dénonciation, Pierre Léostic est abattu par les Allemands tandis que Bergé, Mouhot et Sibard sont capturés.

    Les Crétois et les Alliés ne déposèrent  les armes qu'au mois de septembre 1944, date à laquelle l'Allemagne se décida enfin à abandonner la Grèce en commençant par la Crète.

    Le souvenir de ces combats ne s’est pas éteint. Des troupes françaises reprirent l’héritage de ces commandos. Ainsi la carte de la Crète est brodée en mémoire de cette action sur  l’étendard du 1er RPIMa  (Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine). Et chaque année les Alliés commémorent l’événement.