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1896 |
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Etat indépendant placé sous la protection des puissances
alliées depuis le traité de Londres (1830), la Grèce ne parvient
cependant pas à s’organiser en véritable Etat. En effet, en
1832 l’imposition par les puissances alliées du Roi de Bavière
Otton Ier à la tête du pays réduit à néant l’espoir d’organisation
d’un Etat grec indépendant. L’administration du pays est alors
régie par des ministres bavarois qui mènent la Grèce à une dépendance
économique totale envers les puissances protectrices. A la Suite de la Guerre de Crimée (1856), la bourgeoisie grecque connaît un important essor économique. Encouragée par la Grande-Bretagne, elle va diriger un mouvement politique contre Otton Ier, le poussant à la destitution en 1862 grâce à une nouvelle révolte de l’armée. C’est le Prince Georges du Danemark qui succède à Otton Ier. Dès 1863, il introduit une nouvelle Constitution , plus démocratique, qui prévoyait une législature avec une chambre unique basée sur une représentation proportionnelle et élue au suffrage universel masculin, secret et direct. La vie politique demeure toutefois instable malgré le nouvel essor économique de la Grèce dans les années 1875. Deux conceptions de la Grèce s’affrontent : la première incarnée par Charilaos Tricoupis prône une politique de modernisation économique ; alors que la seconde portée par Théodore Delighiannis souligne la nécessité de poursuivre la Grande Idée par une politique étrangère active. Cependant, la Grande Idée grecque va se heurter aux autres nations balkaniques. Quelques territoires vont néanmoins revenir à la Grèce lors du partage de la partie européenne de l’Empire Ottoman (traités de San Stefano et de Berlin, 1878). La Grèce obtient l’annexion de la Thessalie et du district d’Arta. La crise économique mondiale de la fin du XIXème siècle n’épargne pas la Grèce. Elle s’accompagne de surcroît d’une crise agricole dévastatrice. Les conséquences furent catastrophiques pour la majorité des travailleurs du Sud de la Grèce. Le symptôme le plus visible de la crise des revenus dans le secteur agricole fut l’émigration transatlantique. Par ailleurs, le taux annuel de croissance démographique (qui atteignait 1,5% au XIXème siècle) diminua de moitié à partir de 1896 et chuta à 0,8%. Un pessimisme ambiant régnait donc en Grèce, accentué par les divisions ethniques en Macédoine et en Crète. La révolte crétoise de 1896 eut un effet dramatique sur l’opinion publique grecque. La mauvaise gestion par le gouvernement de la crise diplomatique qui s’en suivit, plongea la Grèce dans une guerre contre l’Empire Ottoman.
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