Les premiers Jeux Olympiques modernes

1896

La Grèce au temps des jeux olympiques modernes


    La Grèce qui accueille les premiers Jeux Olympiques modernes en 1896 est un pays en crise. Problèmes économiques et politiques caractérisent ce pays à la fin du XIXème siècle.

    Etat indépendant placé sous la protection des puissances alliées depuis le traité de Londres (1830), la Grèce ne parvient cependant pas à s’organiser en véritable Etat. En effet, en 1832 l’imposition par les puissances alliées du Roi de Bavière Otton Ier à la tête du pays réduit à néant l’espoir d’organisation d’un Etat grec indépendant. L’administration du pays est alors régie par des ministres bavarois qui mènent la Grèce à une dépendance économique totale envers les puissances protectrices.
    Dès lors, un coup d’Etat de l’armée (3 septembre 1843) pousse le Roi à accorder une Constitution et former des gouvernements grecs (et non plus bavarois). Mais très vite, la monarchie constitutionnelle dérive en dictature royale.

    A la Suite de la Guerre de Crimée (1856), la bourgeoisie grecque connaît un important essor économique. Encouragée par la Grande-Bretagne, elle va diriger un mouvement politique contre Otton Ier, le poussant à la destitution en 1862 grâce à une nouvelle révolte de l’armée.

     C’est le Prince Georges du Danemark qui succède à Otton Ier. Dès 1863, il introduit une nouvelle Constitution , plus démocratique, qui prévoyait une législature avec une chambre unique basée sur une représentation proportionnelle et élue au suffrage universel masculin, secret et direct.

    La vie politique demeure toutefois instable malgré le nouvel essor économique de la Grèce dans les années 1875. Deux conceptions de la Grèce s’affrontent : la première incarnée par Charilaos Tricoupis prône une politique de modernisation économique ; alors que la seconde portée par Théodore Delighiannis souligne la nécessité de poursuivre la Grande Idée par une politique étrangère active. Cependant, la Grande Idée grecque va se heurter aux autres nations balkaniques. Quelques territoires vont néanmoins revenir à la Grèce lors du partage de la partie européenne de l’Empire Ottoman (traités de San Stefano et de Berlin, 1878). La Grèce obtient l’annexion de la Thessalie et du district d’Arta.

    La crise économique mondiale de la fin du XIXème siècle n’épargne pas la Grèce. Elle s’accompagne de surcroît d’une crise agricole dévastatrice. Les conséquences furent catastrophiques pour la majorité des travailleurs du Sud de la Grèce. Le symptôme le plus visible de la crise des revenus dans le secteur agricole fut l’émigration transatlantique. Par ailleurs, le taux annuel de croissance démographique (qui atteignait 1,5% au XIXème siècle) diminua de moitié à partir de 1896 et chuta à 0,8%.

    Un pessimisme ambiant régnait donc en Grèce, accentué par les divisions ethniques en Macédoine et en Crète. La révolte crétoise de 1896 eut un effet dramatique sur l’opinion publique grecque. La mauvaise gestion par le gouvernement de la crise diplomatique qui s’en suivit, plongea la Grèce dans une guerre contre l’Empire Ottoman.