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L'expédition de Morée
(1829)


    Conçue sur le modèle de l'expédition egyptienne de Bonaparte, en 1827, l'intervention française en Morée participe à la redécouverte scientifique de la Grèce et consolide l'indépendance de la jeune République.

    Soumise à l’Empire Ottoman, la Grèce se révolte en 1821 et proclame son indépendance à Epidaure en 1822. Elle demeure cependant faible et dès 1824 subit nombre de revers, dus à ses divisions mais surtout à l’entrée en guerre des Egyptiens aux côtés des Turcs. En effet, le sultan avait demandé l’aide de Mehemet Ali et celui-ci avait envoyé sa flotte sous les ordres de son fils Ibrahim reprendre Candie et la base de Navarin en Morée (nom du Péloponnèse donné en référence aux importantes cultures de mûriers dans cette région).

    Ainsi, entre 1824 et 1826, les Grecs perdent Missolonghi et Athènes, défendue par le colonel Fabvier.

    La fin de l’indépendance grecque semble donc proche.

    Toutefois, la Russie de Nicolas 1er veut intervenir, pour permettre à terme l’application des clauses du traité de Bucarest (1812) sur l’autonomie des provinces danubiennes et la liberté de commerce en mer Noire. Wellington intervient alors pour l’Angleterre en reconnaissant par le protocole du 4 avril 1826 le droit au Tsar de régler ces problèmes du nord de l’Empire Ottoman mais en laissant l’Angleterre s’occuper de la médiation entre Grecs et Turcs.

    Cependant, les effets de cette médiation tardent aux yeux des Russes. Pressée, l’Angleterre décide donc d’associer la France de Villèle (président du Conseil de 1822 à 1827, ultraroyaliste) à la médiation dont le peu de zèle pour les Grecs pourrait faire contrepoids aux prétentions russes.


    Entrevue du Général Maison et de Ibraïm Pacha à Navarin
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    Est alors signé le traité de Londres en juillet 1827 qui impose au sultan la médiation des trois puissances pour organiser une Grèce autonome.

    Villèle peu enclin à l’action est pourtant contraint par l’opinion publique française qui a développé en puissant mouvement philhellène, comme le démontre l’action du Comité philhellène présidé par Chateaubriand qui envoie des volontaires et des secours aux insurgés.

    Ainsi, l’escadre française de Méditerranée rejoint les escadres anglaise et russe. La médiation passe par les armes. Le 20 octobre 1827, la flotte turco-égyptienne est coulée à Navarin. Dès lors, la Russie décide de marcher vers Constantinople et l’Angleterre se dérobe. Cependant, le nouveau gouvernement français dirigé par Martignac avec La Ferronays aux Affaires Etrangères est acquis à la cause grecque et obtient de ses alliés que la France impose seule une médiation armée entre Turco-Egyptiens et  Grecs.


    Messène antique, les ruines du stade
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    L’expédition de Morée se met alors en place. Elle est attribuée au général Maison qui quitte le port de Toulon le 17 août 1827 avec 14 000 hommes. Parmi ces hommes, se trouvent nombre de scientifiques, archéologues et architectes. Par cette expédition, ils vont redécouvrir cette région, et même en établir une carte précise. Les résultats des recherches et des travaux sont publiés dans des rapports ou des comptes-rendus officiels.

    L’action française permet lors du traité d’Andrinople en septembre 1829 la reconnaissance de l’indépendance complète de la Grèce ainsi que de l’autonomie de la Serbie, lui rendant ainsi une position morale perdue au Proche-Orient et posant les bases d’un accord franco-russe.
     


carte trigonométrique de la Morée
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