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Résumé |
Kommentar
Dans la Fraterie, une
région isolée de lacs et de forêts au
nord de la république de Valdagne, rien n'a
changé depuis des siècles. Ses habitants,
paysans, artisans et bergers, continuent de vivre au rythme
du cheval et de la lampe à l'huile. Pourtant la
découverte de riches gisements de minerai au nord de
la république amène le Sud
industrialisé à construire une route
nécessaire à leur exploitation et qui passera
par la Fraterie en violation du traité qui garantit
l'autonomie et l'intégrité du territoire de la
Fraterie. Cette menace de son mode de vie divise la
population, une minorité étant tentée
par la civilisation moderne. La haine qui existe entre les
familles des Lasko et des Matéja pour des histoires
obscures en est attisée, mettant face à face
Andréas Lasko, traditionaliste, le Maître Elu
des Sages, qui gouvernent la Fraterie, et Markus
Matéja, le chef de file acharné des opposants.
Ces développements compliquent d'avantage la
situation de Mara, fils d'Andréas Lasko, et de
Nadège, fille de Markus, qui s'aiment, mais doivent
cacher leur passion. Quand la route s'approche de la
Fraterie, les Sages font porter à Mara un message au
Président de la république. Bien que les
partisans de la construction de la route, politiciens,
banquiers, militaires corrompus, essaient tout pour faire
arrêter Mara, celui-ci réussit à voir le
Président, dont les promesses d'aide s'avèrent
vaines. Lorsque la machine géante
pénètre le territoire de la Fraterie, toute la
population se met en marche pour l'affronter pacifiquement.
Les soldats protégeant le chantier tirent des
grenades lacrymogènes et blessent grièvement
Markus Matéja. Tout à coup la terre se met
à trembler et Oulane-Trabuck, le mystérieux
Esprit de la terre et de la nuit, apparaît
détruisant la grande machine et le tronçon de
route qui dépasse la frontière. Le
Président réussit à réaffirmer
son pouvoir et décide que la route contournera la
Fraterie. Il visite la Fraterie exposant son projet aux
Sages, qui, malgré des réserves, y consentent.
Il amène Markus Matéja pour le faire soigner
dans un hôpital de la capitale. Mara avoue à
son père son amour pour Nadège. Andréas
et Markus, dont la relation va en s'améliorant, se
mettent d'accord à marier leurs enfants. La vie dans
la Fraterie se met peu à peu à changer. Le
nouveau village au bord de la route, construit pour loger
les ouvriers, est comme une vitrine où l'on peut
montrer ce qu'il y a du mieux dans le Sud. Les habitants de
la Fraterie commencent à troquer des fourrures contre
toutes sortes d'objets modernes. Mara et Nadège se
marieront en avril. Chaque mois, au moment de la pleine
lune, la foule descend vers le lac Noir, mais Oulane-Trabuck
n'apparaît plus.
Dans Le pays hors du
monde Jean Joubert reprend un sujet qui lui est cher: le
conflit entre la tradition et la modernité, sujet
déjà traité dans L'Homme de
sable, dont, d'après lui, l'épuisement en
édition livre de poche l'a amené à
écrire Le pays hors du monde, destiné
à un public d'adolescents. Tandis que dans L'Homme
de sable Joubert décrit l'échec total de
la civilisation moderne face aux forces traditionalistes, il
présente une position plus modérée et
plus distancée face aux valeurs traditionalistes dans
Le pays hors du monde, suite aux actions violentes et
à l'intransigeance des mouvements intégristes
partout dans le monde: «Il y a deux fins possibles: la
construction de la route à travers la Fraterie,
l'abandon de la construction. Ma solution est ambiguë,
elle n'est pas tranchée. Vivre uniquement dans la
tradition, c'est perdre beaucoup de la vie. Les jeunes Amish
aiment bien profiter de la vie agréable de la ville.
L'Homme de Sable est du côté de la
tradition. Il y a eu une évolution: le danger du
traditionalisme qui conduit à l'intolérance,
à un nouveau fascisme, voir Bardik qui est
sourd.» [Rencontre avec Jean
Joubert le 2 décembre 1994 à
Essen]. «Je crois en l'importance capitale
du livre et de la lecture. Je condamne leur absence dans la
Fraterie.» [Lettre de Jean Joubert
du 17 janvier 1998].
A ce sujet se mêlent
l'amour, l'aventure, le fantastique et le mystérieux.
L'histoire de Mara et de Nadège ressemble fort
à celle de Roméo et Juliette, moins le
tragique. Bien sûr, cette trame de l'action n'est pas
détachée du sujet central. Nadège
reflétant les convictions de son père aime le
confort qu'apporte le progrès technique et
scientifique, Mara penchant plutôt du
côté de son père préfère
vivre selon les valeurs traditionnelles de la Fraterie.
L'emplacement de leur maison qui sera construite à
mi-chemin entre les fermes de leurs pères n'est
certainement pas sans signification symbolique.
Le voyage de Mara de la
Fraterie à Brodsk, la capitale de la
république de Valdagne, tient du roman d'aventure et
du roman d'apprentissage. Mara vainc maints dangers. Il fait
la connaissance du bien et du mal, de l'hostilité et
de l'hospitalité. Sur le chemin vers le Sud et
à Brodsk, il découvre de nouveaux mondes
déconcertants, parfois hostiles et
menaçants.
Le fantastique et le
mystérieux s'avoisine à la science-fiction.
Oulane-Trabuck, l'Esprit de la terre et de la nuit, pourrait
figurer dans le film de Spielberg Les dinosaures ou
être le frère de Nessie de Loch Ness. Ce
monstre-dieu, dont le nom se compose de la première
partie du nom de la capitale de la Mongolie, Oulan-Bator, et
du nom d'une grotte au nord de Montpellier, Trabuck, sort
d'un rêve de l'auteur, dans lequel il voyait un lac
circulaire. De l'eau sortait un dôme comme un
sous-marin gigantesque avec des yeux d'où sortait un
grand éclat [rencontre avec Jean
Joubert le 2 décembre 1994 à Essen].
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Einsatzmöglichkeiten im
Unterricht
Der Roman eignet sich zur
Behandlung einer ersten langen Ganzschrift in der
Jahrgangsstufe 12für einen Leistungskurs, in der
Jahrgangsstufe 13 für einen Grundkurs. Sein
sprachliches Niveau ist in den beschreibenden Passagen
anspruchsvoll, in den häufigen Dialogen von Lexik und
Satzstruktur gut verständlich. Im Rahmen des
gemeinsamen "Einlesens" empfiehlt es sich, die unbekannte
Lexik in Sachfeldern bzw. thematisch-syntagmatischen
Inventaren zusammenzustellen.
Sinnvoll ist eine vorwiegend
problemorientierte Behandlung von Le pays hors du
monde, in Hinblick auf die aktuelle Thematik der
Infragestellung des technisch-wissenschaftlichen
Fortschritts und der Kritik der politischen und
wirtschaftlichen Institutionen, sowie auch die
Liebesgeschichte von Mara und Nadège. Die gemeinsame
Erstellung eines Arbeitsplans mit entsprechenden Hinweisen
für die selbständige Lektüre des ganzen
Romans oder von jeweils mehreren Romankapiteln
ermöglicht eine schülerorientierte Erarbeitung
(Referate in Partnerarbeit, Expertengruppen).
Anhand von Le pays du
monde läßt sich in die elementare
Romananalyse (traditionelle Textanalyse, reflexive
Textrezeption) einführen aufgrund seiner
grundsätzlich kontrastiven Struktur:
Tradition-Fortschritt, Übernatürliches-
Rationalität, Nord-Süd, Land-Stadt, mit
Einschränkungen Gut-Böse. In dieser Polarität
lassen sich analysieren
- die Charaktere und ihre
jeweilige Funktion, die Figurenkonstellation,
- Ort, Zeit und
Atmosphäre der Handlung, ihre Funktion und symbolische
Bedeutung,
- Handlung,
Handlungsstränge, Erzählperspektive, Erzeugung von
Spannung,
- der variierte Stil:
pittoresk, idyllisch und bildhaft mit dominantem Wortschatz
aus dem Bereich Natur und Landwirtschaft in der Beschreibung
des Lebens in der Fraterie; lyrisch und emotional, wenn es
um die Liebe zwischen Mara und Nadège geht; technisch
präzise und metaphorisch bei der Darstellung der
Straßenbaumaschine; bestimmt einerseits durch negative
Wortwahl bei der Charakterisierung der Lebenswelt des
Südens, andererseits durch neutrale Beschreibung des
technischen Fortschritts; meist einfacher Satzbau in den
Dialogen, komplexe Syntax in den präzisen und
detaillierten Beschreibungen.
Der Roman bietet auch
vielfältige Möglichkeiten handlungs- und
produktionsorientierten Vorgehens,
- lektürevorbereitend:
Assoziationen zum Titel; Versprachlichung und Kommentierung
thematisch/stimmungsmäßig zum Titel, zum Roman
passender Bilder und Photos (z. B. der Amish people);
Verfassen einer kurzen Geschichte, auch in Form eines
Résumés, zum Titel, zum Romananfang;
- lektürebegleitend:
Dokumentieren und Umsetzen des 1. Leseeindrucks durch die
Auswahl von Textstellen, Wahl von Bildern oder Photos, durch
Kommentare, durch szenische Interpretation, darstellendes
Lesen von Schlüsselpassagen (aus Schülersicht),
durch Transformation kürzerer Textpassagen in Szenen,
Gedichte, faits divers (z.B. die Zerstörung der
Baustelle, die Änderung der Trassenführung der
Straße);
-
lektürefortführend: Darstellung der Ereignisse aus
der Sicht von Nadège (Tagebuch), Verfassen eines
Drehbuchs oder eines Hörspiels, alternatives
Fortführen des Romans vom Augenblick der Verletzung von
Markus Matéja/ nach der Zerstörung der
Straßenbaumaschine durch Oulane-Trabuck,
Zeitungsartikel über die Bewohner der Fraterie aus der
Sicht eines Journalisten der Hauptstadt Brodsk, Verfassen
eines illustrierten Klappentextes, Erstellen einer
Wandzeitung/Dokumentation mit den im Verlaufe der Behandlung
des Romans erstellten Schülerprodukte.
Mit Auszügen aus
L'Homme de sable, Les sabots rouges (Parallele
Virgile - Oncle Georges) und Les enfants de Noë
kann die zentrale Thematik des Romans erweitert werden.
Zur Aktualisierung der Thematik bieten sich Zeitungs- und
Magazinartikel über Umweltkatastrophen an (z.B.
«Incendies. Le grand gâchis»
L'EXPRESS 23/10/97 [pp.50-53].
Im Rahmen fächerübergreifenden Unterrichts ist
ein Vergleich mit Romeo und Julia von Shakespeare
denkbar, im Sinne der Medienschulung auch anhand einer
Verfilmung. Themenähnliche englischsprachige Romane
ließen sich in Form von Referaten ebenfalls
integrieren wie auch die Problematik des
technisch-wissenschaftlichen Fortschritts aus
naturwissenschaftlicher Sicht.
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Auszug aus dem Roman:
Dans un long couloir
où les pas résonnent, l'huissier
précède Mara qu'intimident, accrochés
aux murs dans des cadres dorés, des portraits de
vieillards sévères, dont les regards le
fixent. Une porte s'ouvre, dont il franchit le seuil, le
cur battant. «Courage! se dit-il. Après
tant d'épreuves, tu vas enfin pouvoir accomplir ta
mission!» Brièvement, il pense à son
père et à Nadège.
Par bonheur l'homme qui est
assis derrière son bureau, au fond de la
pièce, et qui vers lui tourne son visage, a une
expression beaucoup moins austère que les vieillards
des tableaux. On y devine à la fois la bienveillance
et la tristesse, de telle sorte que Mara sent aussitôt
ses craintes s'effacer.
Il s'incline et salue le
Président, qui aussitôt le prie de
s'approcher.
- On me dit que vous venez
de la Fraterie.
- En effet, Monsieur le
Président; et je dois vous remettre un message dont
m'a chargé mon père, Andréas Lasko,
Maître de l'assemblée des Sages.
Et de sa main baguée
il tend l'enveloppe.
- Mon père m'a dit
que cette bague, qu'il m'a confiée, serait mon
passeport.
Songeur, le Président
regarde les yeux verts, et il se souvient que, parmi les
objets légués par son ancêtre et qui se
sont transmis de génération en
génération, figure non pas une bague mais un
couteau, dont le manche est orné d'un emblème
identique.
Ce jeune homme, debout
devant lui, avec son beau visage et son corps robuste que
l'on sent à l'étroit dans les vêtements
modernes, ne ressemble- t- il pas à l'autre jeune
homme qui, quelques siècles plus tôt, traversa
la steppe à cheval, à vrai dire dans un tout
autre dessein? Tandis qu'il prend l'enveloppe et rompt le
sceau de cire, le Président s 'émeut de cette
coïncidence.
- Vous êtes venu
à cheval? demande-t-il.
- Oui, à cheval.
- C'est un très long
voyage!
- Nous ne voyageons pas
autrement.
- Prenez donc un
siège, dit-il, en désignant un fauteuil, sur
lequel Mara s'assoit, du bout des fesses, les mains
posées sur ses genoux. Là, il observe avec
inquiétude le Président qui lit le message, et
dont les traits restent impassibles. Seuls parfois ses
doigts perceptiblement se crispent.
Le Président est
consterné, mais bien sûr il n'en montrera rien.
Une fois de plus on l'a trompé. Les
négociations qu'il avait exigées ont
été retardées pour des raisons qui ne
lui semblent que trop évidentes: on a voulu mettre
ces gens devant le fait accompli. Il aurait dû s'en
aviser plus tôt, se méfier du
Général-Ministre, et des autres, mais il ne
peut avoir la tête partout. « Dès le
départ de ce jeune homme, se dit-il, je
téléphonerai aux responsables pour exiger des
précisions, j'ordonnerai, si c'est nécessaire,
la suspension des travaux. Ils verront qui je
suis!»
Il regarde le bouleau dont
le feuillage est maintenant immobile, puis le visage anxieux
de Mara.
- Je ne connais pas
personnellement votre père, dit-il, mais ce que j'en
sais m'inspire la plus grande estime. Je suis très
attentif à cette histoire de route. Elle est
complexe, très complexe... Je souhaite que l'on
respecte les traditions de la Fraterie... J'y veillerai.
C'est ce que je vais répondre à votre
père. Veuillez patienter un instant.
Le Président
écrit; parfois il s'arrête pour
réfléchir, sa main reste un instant suspendue,
puis la plume à nouveau court sur le papier. Dans le
silence de la pièce, Mara s'est figé: comme
une roche, comme un arbre. Enfin le Président se
lève et cachette l'enveloppe, qu'il lui tend.
- Voici ma réponse
à votre père et aux Sages. Je vous la confie.
Comment vous appelez-vous?
- Mara.
- Eh bien, Mara Lasko, je
vous souhaite bon voyage. Prenez aussi ce sauf- conduit, qui
facilitera votre retour. Vous n'en aurez sans doute pas
besoin, mais qui sait? on fait parfois d'étranges
rencontres.
Mara s'incline, remercie; il
sent qu'il devrait parler, mais les mots se nouent dans sa
gorge; puis soudain il dit, du fond du cur:
- Je vous en prie,
aidez-nous, protégez-nous!
- J'y veillerai, dit le
Président, et, d'une main un peu molle, il serre la
main de Mara.
Dans le couloir où
l'huissier précède Mara, on a baissé
les rideaux, de telle sorte que les portraits sont
maintenant plongés dans la pénombre, mais
leurs yeux luisent étrangement, comme ceux des
bêtes, les nuits d'affût, dans la
forêt.
Jean Joubert, Le pays hors du
monde
(pages 142-145)
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